Le shiatsu équin avec Marion Robin

Le shiatsu devient une pratique de plus en plus répandue en France. Cette technique japonaise, basée sur les points d’acupuncture, existe également pour les animaux notamment les chevaux. J’ai eu le plaisir d’interviewer Marion Robin, qui s’est spécialisée dans le shiatsu équin et le reiki. 

Parce que le bien-être de nos animaux est tout aussi important que le nôtre… Découvrez en quoi cela consiste et dans quel cas y penser pour vous traiter, vous ou votre animal. 

Au programme ...

Quelles sont les étapes de ton parcours professionnel ?

J’ai toujours été passionnée par les chevaux. J’avais vu qu’il y avait une école de shiatsu humain près de chez moi. Mais le shiatsu humain ne me parlait pas trop. C’est un peu par hasard que j’ai découvert qu’il existait une école spécifique directement pour les chevaux. Je savais pas très bien en quoi consistait le shiatsu mais je savais que j’avais envie de faire ça. Je suis allée faire un stage d’initiation pour voir, puis je me suis inscrite à la formation. C’était sur trois ans, plusieurs week end dans l’année, ce qui me permettait de travailler en parallèle. 

Lors de cette formation en shiatsu équin, nous avons eu les cours de première année de shiatsu humain, pour apprendre à faire une séance de relaxation au propriétaire par exemple. Ça permet aussi de prendre en compte son bien-être, et pas uniquement celui de l’animal car les deux sont interdépendants. Du coup, suite à cela, je me suis rendu compte que le shiatsu pour les personnes m’intéressait aussi. J’avais envie de développer ça. Je me suis inscrite dans une école de shiatsu humain à Amnéville pour pouvoir travailler sur les deux tableaux. J’ai également suivi les cours de l’école de Yutz, également dans ma région [n.d.l.r : en Lorraine].

En parallèle, j’ai également fait une formation de Reiki et en fleurs de Bach. C’est vrai que j’utilise assez fréquemment les fleurs de Bach pour que les personnes ou les animaux puissent avoir un accompagnement émotionnel pendant un certain temps après la séance.

Dernièrement, je me suis formée en bioénergie et magnétisme, pour avoir une vision plus large et comprendre comment ces autres méthodes fonctionnent. C’est là que je me suis rendue compte qu’il a beaucoup de ressemblances entre les méthodes et plusieurs façons d’aborder un problème, avec des outils différents et qui se ressemblent.

Est-ce que c'est ton métier premier ? Ou as-tu fait une reconversion professionnelle ?

Non, à la base je suis technicienne dans un laboratoire d’analyses médicales.  Je m’occupe des prélèvements sanguins et préparation d’échantillons. C’est mon activité principale. Je pratique le shiatsu en activité secondaire depuis 4 ans.

Et quel est ton but : t'installer définitivement comme praticienne ou rester sur les 2 activités ?

Pour le moment, je compte rester avec les deux activités. On verra comment ça évolue. J’ai déjà fait un premier pas, il y a 2 ans, je suis passée à 80%. Ce passage m’a été bénéfique pour trouver un équilibre entre vie pro et perso. J’ai la chance d’avoir un emploi du temps intéressant car je travaille essentiellement les matins. C’est un avantage non négligeable. Cette activité salariée me permet d’avoir un filet de sécurité et donc de profiter pleinement de ma deuxième activité passion, sans pression financière.

Trouver son équilibre est une problématique récurrente chez les personnes qui se lancent à leur compte. C'est intéressant que tu aies abordé ce sujet.

Autrement, tu disais que tu utilises plusieurs outils. Comment les utilises-tu dans ta pratique ?

Lors d’une séance de shiatsu, je peux intégrer très facilement du Reiki, qui permettra de travailler sur les chakras par exemple. Je mélange assez facilement les techniques. Sinon, suite au stage en bioénergie, j’ai rajouté une étape dans ce qui nous avait été enseigné. Je travaille sur l’aura pour enlever les charges émotionnelles qui seraient présentes. C’est ma petite touche personnelle que j’ai adaptée pour prendre en compte l’ensemble du corps physique et énergétique. De même, en magnétisme, on peut travailler avec des mots d’intention. Lors d’une séance, si j’ai des mots qui me viennent – ce n’est pas systématique – je vais travailler avec.

En fait, c'est un peu comme ça vient, en fonction de ce qui se présente ?

Oui. Après, avec l’expérience, j’ai adapté ma pratique pour qu’elle me ressemble. Par exemple, j’inclus de manière systématique le travail sur l’aura que j’ai évoqué tout à l’heure. À l’inverse, je ne propose pas des fleurs de Bach, à tout le monde, seulement si je vois que cela pourrait apporter quelque chose à la personne ou l’animal.

"Avec l'expérience, j'ai adapté ma pratique pour qu'elle me ressemble."

Revenons au shiatsu. Comment en as-tu entendu parlé ? Tu avais testé ?En fait c'est un peu comme ça vient, en fonction de ce qui se présente ?

Même pas ! C’est vrai qu’il y avait l’école dans mon village et j’ai dû en entendre parler sur Internet mais je ne me souviens pas vraiment. Pour le shiatsu équin, c’est pareil : je n’avais jamais vu de séance. À l’époque, il devait y avoir deux thérapeutes sur toute la région. Maintenant, cela s’est démocratisé. Un peu comme l’ostéopathie il y a quelques années.

Qu'est-ce qui t'a donné envie de devenir thérapeute ?

Au départ, j’avais fait la formation pour mes animaux parce que j’avais plusieurs chevaux à la maison et j’avais envie de leur apporter quelque chose. Après avoir vu le bien-être que je leur apportais, cela m’a donné envie de le proposer aux autres. Pour les humains, c’est pareil. Lorsque l’on voit que l’on amène de la relaxation, on a envie de le proposer au maximum de gens. Je me suis aussi rendue compte qu’en travaillant sur le propriétaire et l’animal, le travail se fait plus en profondeur. Le rééquilibrage énergétique du couple cheval-cavalier par exemple. Parce que les émotions de l’animal et de son propriétaire sont très liées. Si le propriétaire ne va pas bien, l’animal va le ressentir. Donc pour faire au mieux pour les deux, on travaille sur les deux côtés du binôme.

"Je me suis rendue compte qu'en travaillant sur le propriétaire et l'animal, le travail se fait plus en profondeur."

En quoi consiste le shiatsu et quelles sont les spécificités par rapport aux chevaux ?

Le shiatsu, c’est une méthode qui est voisine de l’acupuncture parce qu’on utilise les même méridiens énergétiques mais sans aiguilles, juste avec la pression des paumes et des pouces et en faisant des étirements. Le shiatsu est une technique de massage japonais qui reprend la médecine traditionnelle chinoise avec la théorie des cinq éléments et les méridiens.

Le concept est que chaque méridien est une ligne énergétique qui traverse le corps et est en rapport avec un organe ou une viscère. En travaillant sur un méridien, on travaille énergétiquement sur ces organes liés mais aussi sur l’émotionnel. Ça agit aussi sur les différents systèmes de l’organisme : circulation sanguine, lymphatique, respiratoire, digestive, hormonal. C’est assez global. Lors d’une séance, on cible les méridiens à travailler, ce qui va stimuler le corps et l’aider à se rééquilibrer.

La différence entre un cheval et un humain est que l’humain va rester allongé pendant la séance, éventuellement prendre une position qu’on lui demande. Le cheval, lui, va rester debout. Il faut aussi connaître les réactions de l’animal. S’il a de grosses douleurs lorsqu’on appuie sur un point sensible, il peut montrer des signes de mécontentement ou de peur. Il faut donc savoir approcher l’animal correctement et ne pas avoir peur de ses réactions.  Également savoir communiquer notre calme et notre détente pour qu’il le soit aussi, ce qui aide pour une séance réussie.

Après, il y a aussi le chien. C’est encore différent car autant le cheval reste debout, autant le chien peut se coucher, par exemple d’un côté, et donc ce n’est pas toujours évident. Il faut arriver à communiquer avec l’animal et s’adapter.

La durée des séances est la même pour les humains ou les animaux ?

Oui, c’est environ une heure. Mais il arrive que cela dure plus longtemps, en fonction des besoins de l’animal ou de la personne.

Est-ce que tu peux avoir des courbatures après ?

Chaque individu, humain ou animal, va régir à sa façon. Par exemple, pour un individu qui est fatigué de manière générale, une séance va le redynamiser. Si c’est quelqu’un de très, très actif, ça va le calmer.

 

Il faut savoir que les énergies circulent encore pendant 2-3 jours après la séance. On peut donc observer des fluctuations. Par exemple, une grosse fatigue avant de retrouver la forme ou être un peu plus vif avant de retrouver son calme.

 

On voit par exemple avec les chevaux que certains retrouvent tout de suite de l’énergie alors que d’autres peuvent avoir un petit coup de fatigue. Au niveau de l’organisme également, on peut voir une accentuation des symptômes pendant quelques jours avant normalisation. Par rapport aux courbatures dont tu parlais tout à l’heure, c’est rare mais cela peut arriver.

Qui est-ce qui consulte pour du shiatsu ? Est-ce que tu as remarqué un profil ou des problèmes particuliers qui poussent à consulter ?

Bien souvent, ce sont des problèmes chroniques qui ne sont pas réglés avec une approche plus conventionnelle. Par exemple, les chevaux qui font de la fourbure. Il s’agit d’un problème métabolique de gestion de l’apport énergétique dans l’organisme qui génère une accumulation de toxines dans les pieds, ce qui crée une inflammation et donc une douleur pour l’animal.

 

Cela se gère normalement par un environnement adapté, des sorties quotidiennes, une nourriture peu riche, des règles d’hygiène de vie en somme. Avec le shiatsu, on va pouvoir aider, lors des crises, à stimuler le système circulatoire et drainer l’organisme pour éliminer les toxines. On apporte aussi une meilleure souplesse musculaire : un cheval dans la douleur est tendu, la séance va le détendre.

 

On a aussi des cas d’ulcère à l’estomac chez le cheval. En plus de l’hygiène de vie, il faut  le suivre dans la durée. Il y a un facteur de stress émotionnel qui est très important ici. Donc, si on ne fait que soigner l’ulcère, sans tenir compte de la charge émotionnelle et de l’hygiène de vie, on ne fait pas une prise en charge globale.

 

On a aussi des cas de boiteries. Le shiatsu peut agir dans certaines situations. Sinon, il y a aussi beaucoup de chevaux anxieux, qui ont du mal à se poser. Le shiatsu leur permet d’être plus détendus. Enfin, on a aussi les chevaux, ou les personnes aussi d’ailleurs, apathiques, renfermés sur eux et qui se mettent en retrait de la vie quotidienne. Le shiatsu apporte du dynamisme et de la joie de vivre dans ce cas.

Je n'aurai pas pensé au shiatsu pour les boiteries.

Pas pour n’importe quelle boiterie. Une boiterie grave devra de toute façon être vue par un vétérinaire. Comme on travaille sur la raideur musculaire, on améliore la souplesse, et musculaire, et ligamentaire.

C'est intéressant en cas de récupération ou préparation à un concours, non ?

Effectivement, on peut faire du préventif avec la préparation du sportif. Cela va permettre du coup d’avoir un cheval bien dans sa peau et dans sa tête. Il sera plus serein face aux épreuves. Et en phase de récupération, on élimine les toxines et on favorise la récupération de l’organisme. On peut donc utiliser le shiatsu autant d’un point de vue curatif que préventif. Il faut savoir que de manière traditionnelle, le shiatsu était utilisé en prévention, pour garder le corps en bonne santé par l’équilibre des énergies. Dans la société actuelle, on est plutôt sur du curatif. L’idéal, est d’instaurer un rythme de séances préventives une fois que le problème aigu est traité.

"Traditionnellement, le shiatsu est utilisé en prévention, pour garder le corps en bonne santé par l'équilibre des énergies."

Dans ce cas, à quelle fréquence se fait le préventif ?

Il faut savoir que les méridiens sont liés aux 4 saisons. Chaque saison a son groupe de méridiens. On conseille de faire une séance à chaque changement de saison, justement pour favoriser le passage dans l’énergie de cette saison. Cela permet de faciliter cette transition. Donc, quatre fois par an. Si le propriétaire souhaite faire une séance aux “grands” changements de saison, ça va être surtout printemps et automne qui sont les grandes transitions énergétiques.

 

On peut faire un suivi mensuel pour les cas chroniques. Il ne faut pas hésiter à adapter en fonction de l’animal, du problème, de l’environnement. Il n’y a pas de contre-indication à faire des séances tous les mois pour les personnes soumises à de forts stress et qui souhaitent se détendre par exemple.

Et si on ne traite pas la cause, il faudra faire des séances plus fréquemment ?

C’est sûr que pour tous les problèmes anciens ou chroniques, il faudra plusieurs séances rapprochées au début pour aller en profondeur du problème. Ensuite, continuer avec des séances d’entretien.

J'avais une question sur les bénéfices apportés par le shiatsu. Tu as déjà répondu en partie là-dessus. As-tu d'autres éléments à apporter ?

Le but premier du shiatsu est la prévention du stress et la détente émotionnelle. C’est vraiment important d’y penser et de ne pas voir que l’aspect physique. C’est pour ça que je conseille aussi des fleurs de Bach pour gérer certaines émotions précises.

Comment tu définirais ta couleur en tant que praticienne?

Chaque praticien a sa façon de travailler qui dépend de l enseignement qu’il a reçu. J’aime bien travailler de manière la plus complète possible. C’est pour ça que je fais souvent appel à différentes techniques que je pioche dans d’autres méthodes pour enrichir ma pratique. Je suis très attirée par le travail énergétique des couches extérieures du corps, et pas seulement l’énergétique sur le corps physique. Après, chaque praticien va travailler en fonction de ce qui l’attire.

Tu évoques cette partie énergétique de ton travail lors de la séance ?

Oui, je leur explique toujours en fin de séance en quoi a consisté mon travail, quels méridiens j’ai travaillé et pourquoi. En général, ils sont assez ouverts. Par exemple, lors du nettoyage de l’aura, je suis à 10 cm du corps, donc certains se demandent “Mais qu’est-ce qu’elle fait ?” En expliquant avec des termes simples, en général ils comprennent.

Quel est ton plus grand défi aujourd'hui dans ton activité ?

C’est de proposer des soins assez complets en travaillant autant sur le corps physique que les couches énergétiques extérieures au corps ou sur les chakras. Par exemple, je trouve que travailler le physique, est quelque chose d’important. Je n’ai pas envie de m’orienter vers un soin énergétique uniquement non physique. Je pense que conserver le contact physique est important. Et moi-même, je trouve que c’est quelque chose d’agréable à recevoir.

Ce serait donc de trouver le soin parfait ...

Je dirais trouver le juste soin qui sera en accord avec les besoins de l’animal à cet instant-là, et travailler sur ce qui est nécéssaire grâce a mes différents outils. J’ai eu l’occasion de faire deux stages avec maître Ohashi, un grand maître de shiatsu japonais. Il a créé le Ohashiatsu. Il nous enseigne justement de ne pas se limiter, d’aller étudier avec différents professeurs, apprendre différentes méthodes traditionnelles. Il conseille d’aller voir différents horizons et de faire notre shiatsu à nous. Donc, c’est un peu ce que j’ai envie de faire. Trouver le soin qui me convient et qui convient aux gens qui viennent me voir.

[ PORTRAIT CHINOIS ]

On va passer au portrait chinois. Quelle personnalité admires-tu ?

Maître Ohashi. Je l’ai rencontré deux fois. Malgré son âge, c’est un vrai bout en train. Il enseigne de manière sérieuse tout en gardant un humour et une décontraction. Et surtout il incite à l’ouverture d’esprit, découvrir d’autres méthodes comme je disais tout à l’heure.

C'est vrai que c'est intéressant, tout le monde n'incite pas à aller voir ce que font les autres praticiens.

J’ai eu la chance d’avoir des professeurs, autant en Reiki qu’en Shiatsu, qui nous ont inculqué de ne pas avoir de limitations, et de s’ouvrir à d’autres horizons. Ce sont des personnes très humbles et dans le partage. Elles nous poussent à développer le meilleur de nous.

C'est un concept de philosophie orientale, non ?

Je pense que c’est propre à la personnalité de l’enseignant et pas uniquement lié à ce qu’il enseigne. 

Est-ce que tu aurais un livre à nous partager ?

“Ta  deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano. Il se lit comme un roman, mais en donnant des pistes de développement personnel. On voit comment le personnage principal évolue au quotidien. Et ça donne des outils sympas à utiliser pour nous aussi.

Quel est ton plat ou ta recette préféré ?

Les pâtes au saumon, parce que j’en ai mangé tous les dimanches lors de ma formation de shiatsu.

Est-ce que tu as un mantra que tu utilises au quotidien?

“Regarder la vie du bon côté”. Il faut savoir que chaque situation nous permet d’évoluer, même si cette situation pourrait se présenter d’un aspect négatif, peut être qu’on peut en tirer des enseignements sur nous-mêmes.

Est-ce que tu aurais un média que tu suis et que tu aurais envie de nous partager ?

Il y en a deux que j’aime bien dans le domaine du développement personnel.
Tout d’abord, une chaîne YouTube qui s’appelle Create Your Paradise. Elle fait des petites vidéos avec un côté très humoristique, c’est assez intéressant de voir son point de vue sur différentes choses.

La deuxième, c’est une page Facebook qui s’appelle “Les Pépites Spiritu’ailes de Marina”. Elle aborde des points de développement personnel et elle a une belle joie de vivre, elle est vraiment pétillante.

Retrouvez Marion Robin sur son site internet Marion Shiatsu et Bien-être.

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