Découvrez la TRE : Tension & trauma Releasing Exercises

Il est des techniques qui de prime abord nous laissent perplexe. C’était le cas, la première fois que j’ai entendu parler de la TRE. “Encore un terme obscur pour parler d’une méthode de soins énergétiques”, m’étais-je dit. Et bien, PAS DU TOUT.

Étant curieuse de nature, je me suis intéréssée à la question. Et je suis ravie de l’avoir fait !! Quelle belle découverte que cette TRE (ou Tension & Trauma Releasing Exercises). Cette méthode, qui s’inspire en partie du Yoga, nous ramène à une fonction oubliée de notre corps : les tremblements naturels.

J’ai donc demandé à Serge, praticien TRE certifié aux États-Unis, de vous expliquer en quoi ça consiste concrètement. J’en suis encore bluffée. Bonne lecture 😊.

Au programme ...

Quelles sont les différentes étapes de ton parcours?

Mon parcours est assez atypique. Je viens de l’école hôtelière de Bruxelles. J’ai un diplôme de maître d’hôtel et barman. J’ai fait ma première formation en massage en 1991. Je travaillais dans des restos, des boîtes de prêt à porter et en parallèle je faisais des massages.

Je me suis formé à différentes techniques de massage tout au long de ma vie : massage du ventre, aux pierres chaudes, au bambou, … J’ai également suivi une formation en EFT. C’est à ce moment-là que j’ai entendu parler de la TRE. C’était en 2016. Ça a tellement bien fonctionné sur moi que je me suis formé à la technique pendant un an. J’ai obtenu le certificat.

Il est reconnu dans beaucoup de pays, mais pas en France. Cette méthode vient des États-Unis. Sinon, je suis originaire de Belgique. J’ai toujours vécu là-bas et également 3 ans au Maroc. Je suis arrivé en 2019 en France, à Saint-Laurent-du-Var, juste à côté de Nice. On a quitté la Belgique pour redémarrer une nouvelle vie.

Est-ce que tu peux donner la définition de la TRE ?

Ça vient de l’anglais “Tension & Trauma Releasing Exercises“. Ce sont des exercices de libération de stresses et traumas.

Pourquoi es-tu devenu thérapeute?

Je ne me considère pas vraiment comme un thérapeute, mais comme un praticien. Je n’ai pas de formation en tant que thérapeute proprement dit et je ne propose pas de thérapie.

Mais c’est vrai qu’il y a des gens qui prennent la TRE ou les massages pour de la thérapie. Les effets qu’on obtient sont thérapeutiques. C’est plus facile aussi pour les gens de me dire thérapeute que praticien ou masseur, ça rassure les gens.

Après, tout dépend ce qu’on met derrière le terme thérapeute parce que pour certaines personnes c’est de la psychothérapie. Du coup, je n’utilise pas ce terme dans ma communication.

Je ne peux pas non plus dire praticien certifié TRE car la certification n’est pas reconnue en France pour le moment. Du coup, il faut trouver des termes qui contournent le problème comme “praticien TRE, certifié aux Etats-Unis” ou de ce style là.

Ah, la France et son système administratif.

Ce sont des guerres de protection par rapport aux métiers. À l’époque les kinés ne voulaient pas non plus qu’on utilise le terme massage pour un masseur non kiné. Il fallait dire “modelage”.

Mais finalement, depuis l’an dernier, nous avons gagné la bataille juridique et maintenant, un masseur peut utiliser le terme massage.

Quelle a été ta motivation profonde pour faire ce que tu fais aujourd'hui ?

Depuis toujours, j’accompagne les gens avec facilité, aisance. Donc, ça veut dire qu’une fois que j’étais en âge de pouvoir écouter ; les gens venaient se confier et chercher des solutions.

Pour moi, c’était évident que je pouvais les aider de cette manière, je veux dire par l’accompagnement quelqu’il soit. D’un point de vue perso, le massage m’a apporté tellement de choses dans ma vie. Avant, je ne supportais pas qu’on me touche. Avec le massage, mon comportement a complètement changé.

C’est devenu une évidence d’accompagner les gens à travers le massage. J’ai ressenti tellement de choses positives par rapport à ça que j’ai développé ce chemin-là.

C’est un peu pareil avec la TRE. C’est lorsque j’ai vu tout ce qui a changé pour moi, dans ma vie, que j’ai voulu me former. J’ai pratiqué tous les jours, et à partir de là, les choses ont radicalement changé.

Je me suis dit si ça marche pour moi, forcément, ça ne peut que marcher chez les autres. Finalement ma motivation, c’est de proposer aux gens des choses qui ont fonctionné pour moi.

Par exemple, l’EFT a fonctionné chez moi mais je n’arrive pas à travailler cette méthode avec les gens. Donc forcément, les résultats que j’ai eus sont quasiment nuls, alors je laisse cette technique à ceux qui ont de très bons résultats.

" Avant, je ne supportais pas qu'on me touche. Avec le massage, mon comportement a complètement changé. "

Oui, l'idée c'est d'utiliser une technique qui a fonctionné, dont tu connais les résultats, et que tu aimes utiliser.

Tout à fait, et finalement c’est ça qui me motive dans mon activité. Avec cette envie d’aider.

Ce dernier point est quand même la base de tous les métiers de thérapeute.

Au niveau de ta pratique de la TRE : Est ce que tu peux nous expliquer en quoi ça consiste exactement?

C’est une méthode de libération corporelle des stress, traumas et tensions. La particularité de cette méthode, c’est qu’on réactive une fonction naturelle de l’organisme que sont les tremblements.

Ces tremblements neurogéniques et musculaires permettent au corps d’évacuer tous ces stress, traumas et tensions qu’il n’a plus besoin de garder. Je parle de traumas liés à des événements violents qu’on traverse dans la vie  comme des abus, violences sexuelles, conjugales, attentats, accidents de voiture, catastrophes naturelles, … Tous ces traumatismes s’impriment dans le corps.

Il faut savoir qu’en temps normal notre corps se met à trembler de façon naturelle après de tels chocs. Mais de par notre éducation, nous avons appris à ne plus trembler. Prenons l’exemple de l’accident de voiture. Lorsque tu sors et que tu te mets à trembler, ce qui est normal, les proches vont te dire “Mais c’est rien, c’est juste de la casse, tu n’as rien, tout va bien, ne tremble pas, calme-toi…”

Le corps va donc s’arrêter de trembler et emmagasiner ces marques de stress et de trauma. Au niveau musculaire, c’est le psoas qui emmagasine. Ce muscle est situé au niveau du bassin. C’est lui qui gère la dynamique de toute la musculature de l’être humain. On l’appelle souvent “le muscle poubelle” ou “muscle de l’âme”.

La TRE va permettre, avec une série d’exercices tout à fait simples et accessibles à tous, d’étirer ce muscle et lorsqu’il va se relâcher, il va amener le corps à trembler de façon tout à fait naturelle. C’est dans ces tremblements que le corps évacue les tensions qu’il a accumulées et qu’il n’a plus besoin de garder. La TRE n’agit que sur le corps. On n’a pas besoin de savoir sur quel événement, quel trauma, on va travailler. On pratique des exercices, on s’allonge, on tremble, on évacue.

Cela peut amèner une frustration de ne pas savoir qu’est-ce qui a été évacué. Le seul moyen de savoir, c’est lorsqu’on est confronté à nouveau au même problème. Par exemple, pour une personne qui a vécu un tsunami et qui revit des moments de panique. Plus il aura pratiqué, moins il aura de stress vis-à-vis de ça.

Par contre, tout ce qui est dans son esprit, je ne m’en occupe pas, c’est le travail des psychothérapeutes. Comme le corps va se libérer, la personne va également avoir une meilleure position, se redresser, s’alléger.

Donc tu accompagnes la personne pour expliquer les mouvements, et que se passe-t-il ensuite ? La personne doit-elle continuer à pratiquer chez elle ?

Tout à fait. C’est une méthode à pratiquer régulièrement. Plus la personne va pratiquer, plus elle va “nettoyer” son corps et éliminer. Sans une pratique régulière, cela ne servirait à rien. 

L’avantage de cette méthode, et le but recherché d’ailleurs, est que la personne devienne autonome. On essaye d’avoir le moins de séances possibles pour que la personne vole de ses propres ailes rapidement. Certains en une séance maîtrisent complètement la technique, pratiquent chez eux et ressentent les bienfaits. Pour d’autres, un accompagnement sur plusieurs séances est nécessaire parce qu’ils ont besoin de se sentir plus en sécurité et de pratiquer un peu plus avec quelqu’un qui va les guider. Il y a aussi des gens qui ne le feront jamais tout seul. C’est un peu comme le yoga. Tu peux te dire “Tiens, je vais faire ma séance de yoga toute les semaines ou ma séance de TRE, seul ou en groupe.” D’ailleurs, il existe des séances de groupe ici en France. Par contre, ce qui est dommage, c’est que les gens abandonnent assez vite par manque d’assiduité.

Du coup, on n'arrête jamais ?

Non, on n’arrête jamais. Si tu veux, la TRE rentre dans le cadre d’une hygiène de vie. Ça veut dire que, par exemple, celui qui fait son yoga ou ses étirements tous les jours, peut inclure la méthode  dans sa pratique quotidienne ou une fois par semaine ou une fois par mois. Peu importe la fréquence, ce sera toujours plus profitable que s’il ne le fait pas.

Donc, admettons, on a eu un trauma pour un tsunami. Peut être que celui-ci a été réglé avec les séances de TRE, on ne sait pas. Mais est-ce que le fait de continuer va permettre de traiter d'autres stress dont on aurait plus ou moins conscience, ou des petits stress de la vie quotidienne ?

On peut voir la situation comme un oignon. Tu enlèves une couche après l’autre. On va traiter de plus en plus en profondeur mais en douceur aussi. C’est une méthode qui amène à la présence et à l’écoute de soi, de ce qui se passe, de ses ressentis, à être dans le présent.

Est-ce qu'on peut dire que ça rejoint un peu le yoga ?

Pas forcément. Les exercices pratiqués sont issus du yoga, du taï chi, du chi gong. On va travailler au niveau du psoas. On recherche le relâchement, l’étirement et la détente musculaire. S’il existe d’autres pratiques en rapport avec la détente musculaire du psoas, on peut l’intégrer dans notre pratique.

La TRE est vraiment très ouverte sur le fait de rechercher ce qui fonctionne pour nous pour obtenir le résultat. On va donc pratiquer pour amener à ce que les tremblements sortent de façon naturelle, on ne se force pas à trembler. Cela vient de manière tout à fait naturelle.

Les tremblements sont parfois très présents ou à peine perceptibles. On a vraiment tout type de tremblement. il faut savoir qu’est assimilée au mot tremblement, toute expression du corps.

Par exemple, tu peux avoir une main qui fait comme des petits bonds. Ce mouvement est considéré comme un tremblement parce que c’est une réaction corporelle qui permet d’évacuer le stress. Du coup, on aura jamais deux fois la même séance. Cela va dépendre de ce que le corps laisse partir. Le corps n’évacue que lorsqu’on est prêt à lâcher.

Tu peux avoir envie de te libérer de traumas mais si ton corps estime que c’est trop dangereux, il va lâcher par petites brides avant de laisser l’explosion se faire. Souvent, les premiers tremblements se font au niveau des jambes. Il lui faut un peu de temps avant que les tremblements n’atteignent le ventre, le bassin, les bras, la tête. Mais encore une fois, tout dépend de chacun. Ce qui est top, c’est que ça fonctionne à tous les coups.

Pour que ça ne fonctionne pas, il faut vraiment bloquer le processus et vouloir que rien ne sorte.

"Les tremblements sont parfois très présents ou à peine perceptibles. On a vraiment tout type de tremblement."

Si les gens viennent, c'est qu'ils sont déjà dans une démarche de libération des traumas. Donc ça devrait fonctionner dans tous les cas ?

Oui. Après, ce qui est intéressant, c’est que nous avons tous notre mode de fonctionnement. On a les gens qui sont cools, ouverts et ceux qui sont dans le contrôle mais qui veulent découvrir, comprendre et essayer.

Avec la TRE, on garde le contrôle. C’est-à-dire que dès que les tremblements sortent, tu peux les contrôler. Si tu as peur, tu peux les diminuer ou les arrêter. Quand tu te sens en sécurité, tu peux relâcher le contrôle et hop, ça redémarre tout seul.

Pour les gens dans le contrôle, c’est une méthode efficace parce qu’ils apprennent, petit à petit, à lâcher et à se faire confiance. Mais après, ils arrivent à faire confiance un peu plus à l’autre, à être moins dans le contrôle.

Pour arriver à ça, il faut pratiquer. C’est souvent l’entourage qui remarque les changements. A force de pratiquer, des choses changent et on ne se rend pas toujours compte.

Pour que ce soit profitable, combien de temps par jour faudrait-il pratiquer ?

Quand tu n’as pas trop le temps, 20 minutes c’est bien. Les exercices sont assez rapides. Ensuite, tu peux te laisser trembler pendant 10 minutes. Tu peux te mettre un petit minuteur.

Quand c’est terminé, tu reprends tes activités. Si tu as le temps, tu te laisses trembler autant que tu veux. Jusqu’à l’arrêt spontané des tremblements par exemple. Tu peux trembler pendant 10 – 15 minutes, une demie-heure, une heure, deux heures ou toute la matinée.

Admettons, que tu trembles pendant deux heures. Faut-il absolument rester allongé ?

En fait, on commence avec 6 exercices debout qui sont là pour préparer le corps, lui donne l’info qu’il va se passer des choses, qu’on va travailler avec lui.

Puis, il y a un enchaînement au sol et c’est lors de cette phase là qu’on s’allonge et qu’on laisse trembler. Mais 20 minutes sur une journée, c’est le minimum. Si c’est moins longtemps, il n’y a pas trop de sens.

Il vaut mieux le faire moins mais mieux ?

Tout à fait. Lorsque les gens viennent pour leur première séance, je leur conseille de pratiquer deux à trois fois par semaine pendant trois mois. L’idée, c’est d’être régulier.

Au bout des trois mois, on fait un petit bilan pour voir ce que ça a changé, si la personne se sent mieux. Si la personne estime que ça ne change rien, alors autant arrêter. Ça veut dire que cette méthode ne lui convient pas.

Si tu mets un programme de ce type en place, tu dois en ressentir une satisfaction et des bénéfices. Et même si tu pratiques aujourd’hui et que tu arrêtes, en reprenant les exercices 10 ans après, ça va fonctionner. C’est comme rouler à vélo, ça ne s’oublie pas.

Cette méthode est vraiment très intéressante. C'est dommage qu'elle ne soit pas plus connue.

C’est encore peu connu en effet. Le fondateur de la TRE, Dr Berceli, est un ancien médecin américain qui se rendait dans les pays en guerre pour aider à la reconstruction. Lorsqu’il rentrait, il était tellement traumatisé par les bombardements qu’il allait en thérapie pour évacuer ce stress post traumatique.

Il s’est rendu compte que son corps devenait malgré tout de plus en plus stressé et tendu. Il a fait des recherches et il a découvert ce comportement de tremblement chez les mammifères terrestres mais aussi les baleines et autres mammifères marins.

Lorsque ces animaux sont soumis à un stress, ils ont trois réactions : soit ils se figent et font le mort, soit ils fuient, soit ils se battent. Une fois la situation de danger passé, ils vont se mettre à trembler naturellement pour évacuer puis reprennent leur vie

On le voit très bien sur cette vidéo où l’impala fait la morte. Lorsqu’elle reprend ses esprits, elle se met à trembler avant de repartir comme si de rien n’était.

Nous ne savons pas si chez les animaux il y a un traumatisme psychologique, mais un trauma corporel oui.

Est-ce que la TRE peut aussi être utile pour des stress moins graves, des stress du quotidien ?

Tout à fait. C’est vrai qu’il est parti de cas de gros traumatismes de guerre. Il a travaillé avec les vétérans du Vietnam pour les aider dans leur sommeil. Cela fonctionnait très bien.

Puis,  il s’est rendu compte que cela fonctionnait aussi pour le stress de la vie quotidienne. Pour l’instant, les études menées n’ont pas de recul suffisant pour prouver cette efficacité sur les stress de la vie de tous les jours.

Mais à force de pratiquer tous les jours et de l’inclure dans une hygiène de vie, cela ne peut apporter que du positif. Pour être certifié, j’ai dû pratiquer tous les jours pendant un an. Je t’assure que j’ai vu une différence.

J’ai toujours certains de mes traumatismes. Mais d’un point de vue corporel, cela a libéré beaucoup de choses. Tu te sens aussi plus fort, plus ancré. Par exemple, avant, j’étais incapable de parler aux inconnus, incapable d’aller au devant des gens. Maintenant, c’est quelque chose que j’ai dépassé. Je ne parlerai pas devant une salle de 100 personnes, mais dans des petits comités j’y arrive sans problème.

 

J’ai même pu lancer des séances de groupe. J’accepte maximum 10 personnes pour pouvoir gérer l’ensemble des tremblements. Avant la TRE, parler à un groupe même de 2-3 personnes, était impensable pour moi. La TRE a forcément un impact sur l’émotionnel même si on travaille le corps. Comme tu te libères, tu te sens plus fort et donc tu vas pouvoir sortir de ta zone de confort.

"Comme tu te libères, tu te sens plus fort et donc tu vas pouvoir sortir de ta zone de confort."

C'est vraiment intéressant. Je suis un peu scotchée, là.

Ce qui est intéressant également, c’est de redonner l’autonomie aux gens. Dans notre société, on essaye de faire que les gens viennent un maximum. J’ai aussi contacté des psys pour essayer de travailler avec eux. Jusqu’à présent, on m’a toujours dit “non merci”. C’est dommage, les gens ont peur que tu leur prenne leurs clients alors que c’est complémentaire.

Est-ce qu'il y a un meilleur moment dans la journée pour pratiquer ?

Alors dans un premier temps, il n’y a pas d’importance. Chacun le fait au moment où il veut. Ce qui est intéressant, c’est que la personne soit bien présente et attentive à ce que cela provoque en elle pendant la séance. Il y a des gens qui ressortent d’une séance complètement fatigués. D’autres deviennent débordant d’énergie, en pleine forme après la séance.

Il faut être à l’écoute de son corps, et en fonction, adapter le moment où l’on pratique.

Certaines personnes appréhendent de trembler. D’autres sont très intriguées ou pensent qu’il n’y aura pas d’effets car rien ne marche sur eux. Et, à leur grande surprise, ils constatent que ça fonctionne ! Jusqu’à présent, je n’ai jamais eu de cas où il n’y a pas eu de résultat.

En fait, il s'agit de redécouvrir une fonction naturelle du corps et de l'accepter.

Oui, et ce qui est intéressant, c’est qu’une fois que les gens connaissent et qu’ils acceptent le phénomène, lorsqu’ils ressentent un tremblement dans leur vie quotidienne, ils le laissent sortir.

D’autres vont se dire : tiens, je me suis mis à trembler spontanément, que s’est-il passé ? Quel stress ai-je subi sans m’en rendre compte ?

Par exemple, tu peux être confronté à un bruit qui te rappelle un accident. Ton corps va réagir automatiquement pour te protéger et va se mettre à trembler. Il s’agit donc d’une réaction à quelque chose que tu as déjà emmagasiné et que le corps libère.

C'est génial si tu arrives à ce niveau de conscience ! Même psychologiquement du coup, le travail doit se faire plus vite si tu vois des symptômes sur le corps, non ?

Si tu es suivi par un psy, oui, c’est clair que cela t’aide à avancer plus vite dans ton travail sur toi-même. L’idéal, pour travailler sur soi est d’avoir un accompagnement psy pour la tête et un praticien pour le corps. Ça, c’est génial.

Est-ce que tu as remarqué une typologie particulière parmi tes clients ?

Non, parce que pour l’instant, c’est trop tôt. La plupart qui ont pratiqué, l’ont fait pour découvrir la méthode. En général, c’est pour se libérer du stress qu’ils viennent tester la TRE.

Et ceux qui pratiquent encore aujourd’hui, sont très contents parce qu’ils ont vraiment intégré la TRE dans leur hygiène de vie. Mais sinon, les trois quarts ont laissé tomber. Comme ils viennent juste par curiosité, ils ne pratiquent pas assez longtemps.La démarche n’est pas la même.

Pour voir un réel impact dans ta vie, il faut t’investir personnellement. Je cible plutôt les gros traumatisés plutôt que les “touristes”. L’intérêt pour la méthode n’est pas le même.

Ici, il y a beaucoup de gens traumatisés avec l’attentat de Nice, comme dans toutes les villes où il y a eu des attentats. Il y a aussi énormément de gens qui sont traumatisés par procuration ou qui ne prennent pas conscience de l’impact du traumatisme sur eux.

Dans ces cas-là, la TRE fonctionnent très bien aussi. Ces gens ont n’ont seulement pris un trauma dans leur corps mais surtout il s’agit d’un évènement auquel ils n’ont pas été confrontés directement. C’est vraiment la pire des choses à garder parce que tu n’es pas concerné, à vrai dire. Par exemple, les gens qui sont catastrophés dès qu’ils entendent parler d’une petite fille violée ou agressée alors qu’ils ne sont pas directement concernés. Juste par empathie.

La TRE apporte beaucoup à ces gens-là. Surtout parce que tu remets un système d’auto-défense et de libération en route.

C'est dommage que cette technique ne soit pas plus connue car des personnes empathes, il y en a plein !!

Ça va venir. Aux Etats-Unis, en Allemagne ou encore aux Pays-Bas, la TRE est connue.

Dans ces pays, les médecins ou personnel médical connaissent la TRE car ils subissent des traumas au quotidien. Du coup, ils diffusent l’information autour d’eux.

En Belgique, j’ai démarché les pompiers, les policiers, pour leur apporter une aide, étant donné que ce sont des métiers “à haut risque” de trauma. C’est également une super gestion du stress en entreprise. Ça marche super bien. Il y a tellement de situations où tu pourrais l’appliquer.

Peut-être que ce n'est pas en poussant la porte de l'institution en elle-même mais en proposant de manière officieuse à un pompier ou un policier, que cela fera rentrer la technique dans l'établissement ?

Oui, possible. En tous cas, c’est comme ça que j’essaie de faire parler de la TRE. Il suffit d’une personne qui a des résultats et le bouche à oreille s’enclenche.

Quelle est ta singularité par rapport à d'autres masseurs ou praticiens ?

Au niveau du massage, je pense que les gens viennent pour qui je suis, parce qu’ils se sentent bien avec moi. C’est d’ailleurs valable pour tous les praticiens amènent du bien-être aux gens. Pour la TRE, je pense que c’est la spécificité de la technique. Comme il y a encore peu de praticiens, j’ai des personnes qui font 300km pour une séance. J’ai un monsieur qui est venu de Dordogne !

Les séances ne peuvent pas se faire en ligne ?

Si, c’est possible. Mais personnellement, je préfère en présentiel. C’est toujours mieux quand tu es présent. Mais effectivement, pour éviter des déplacements lointains, les séances en ligne sont un plus. D’ailleurs, dans le programme de formation, ils expliquent comment assurer le suivi en ligne.

Dans le cas du confinement par exemple, cela peut s'avérer utile d'avoir la possibilité de suivre des séances en ligne.

Oui, après en présentiel c’est tout de même plus sympa. J’avais aussi dans l’idée d’organiser des voyages, une semaine en Grèce par exemple, où l’on peut ainsi allier vacances et bien-être.

Du coup, quel est ton plus grand défi dans ton activité aujourd'hui ?

C’est de développer et faire connaître la TRE.  Auprès du grand public mais surtout auprès de gens avec de gros traumatismes. Aller frapper aux portes des forces de l’ordre, des pompiers, des infirmières ou encore d’associations comme SOS femmes battues.

L’idée est de mettre cet outil à disposition à un maximum de personnes qui pourraient en avoir besoin. Que tout le monde puisse en bénéficier.

Et auprès du corps médical ? Ils sont quand même de plus en plus ouverts à ce genre de chose. Je pense en particulier aux infirmières. Elles sont quand même en contact avec beaucoup de gens qui vivent des traumatismes.

Oui, c’est une idée. Après, lorsque j’en parle autour de moi à des professionnels, je propose toujours une séance découverte. C’est plus parlant d’expérimenter la chose pour se faire une idée précise.

Est-ce qu'il y a des contre-indications à la TRE ?

Non, il n’y a pas de contre-indication. Par contre, on évite de pratiquer si on est enceinte. Aux Etats-Unis, il y a des thérapeutes spécialisés pour femmes enceintes car il s’agit d’une prise en charge particulière. Même si le corps a toujours un mécanisme de protection, le risque zéro n’existe pas.

Pour les personnes âgées qui auraient des problèmes de mobilité, on adapte tous les exercices. Par contre, il faut pouvoir s’allonger. En Belgique, je travaillais avec des personnes âgées qui ne pouvaient pas s’allonger au sol mais sur leur lit. C’est un petit peu plus difficile parce que les matelas sont mous, mais ça fonctionne aussi.

Pour les personnes handicapées ou en chaise roulante, ça fonctionne aussi. On adapte les exercices.

Pour les enfants c’est possible, mais ils ne doivent pas être trop petits, pour qu’ils puissent avoir une certaine attention. Après, il faut que la demande vienne de l’enfant. Souvent c’est le parent qui cherche à calmer son enfant hyperactif.

Normalement, les enfants tremblent naturellement. Ce sont les injonctions “Calme-toi”, “Arrête de trembler” qui fait qu’ils perdent ce comportement inné.

Par contre, ce qui est chouette, c’est que les parents qui pratiquent la TRE, comprennent mieux le comportement de leurs enfants et du coup, les laissent trembler.

Il y a comme une prise de conscience.

Oui, et ça c’est super.

[Portrait Chinois]

Est-ce que tu aurais une personnalité que tu apprécies particulièrement ?

Alors, je dirai maître Yoda. La première fois que j’ai vu La Guerre des Etoiles et que j’ai vu ce petit bonhomme plein de sagesse, ça m’a marqué. Du coup, quand je suis dans une situation problématique, je l’appelle pour qu’il vienne m’aider, et ça marche ! (rires)

Est-ce que tu aurais un livre à nous conseiller ?

Le livre des Secrets du maître spirituel Osho. C’est un maître spirituel qui amène de la sagesse mais il était aussi dans la réalité de la vie. C’est quelqu’un qui a accepté, en tant que maître spirituel, d’être excessivement riche. Il avait Rolex, Rolls Royce, …

Mais quand tu l’entends, ça me fait rire car un jour il va te dire blanc et demain, il va te dire noir. Et ceci de manière très consciente, parce que le blanc et le noir existent et que tu dois trouver ton propre chemin, ta réalité. Ses écrits m’ont beaucoup aidé dans mon cheminement.

Est ce que tu as un plat préféré ?

La cuisine asiatique de manière générale. Le sucré-salé. Que ce soit thaï, chinois ou vietnamien, j’adore.

Est-ce que tu as un mantra ?

“Ils l’ont fait parce qu’ils ne savaient pas que c’était impossible.” Je trouve cette citation de Mark Twain vraiment géniale.

Est-ce que tu aurais un média que tu suis particulièrement ?

Non, je n’ai pas de source de média précise. Lorsque j’ai besoin d’informations, ma source c’est Google (rires). C’est comme ça que de fil en aiguille je trouve mes stages, mes formations ou autres informations dont j’ai besoin.

Quel est ton massage préféré ?

Celui que je préfère recevoir c’est le deep tissu. C’est un massage profond qui soulage bien. Celui que je préfère donner est le massage harmonisant. Il s’agit d’un massage à l’huile qui est à mi-chemin entre le californien et le suédois, de la force tout en douceur.

Pour en savoir plus sur la TRE et les prestations de Serge, n’hésitez pas à consulter son site internet

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